Une enquête publiée par Mongabay en mars 2025 vient nuancer une idée reçue tenace : contrairement à une croyance répandue, le lac Tchad ne serait pas en train de disparaître. Selon de nouvelles recherches s'appuyant sur des données satellitaires, le lac récupère depuis une vingtaine d'années une grande partie de son étendue et de son volume d'eau de façon saisonnière, passant d'environ 2 000 km² dans les années 1980 à près de 18 800 km² en 2022, contre 25 000 km² dans les années 1960. Le vrai problème posé par le changement climatique serait ailleurs : l'intensification et la concentration des pluies, qui augmentent fortement le risque de crues soudaines et destructrices. En 2022, dix-neuf des vingt-trois provinces du bassin avaient ainsi été inondées, touchant environ 1,5 million de personnes ; une étude de l'organisme World Weather Attribution a établi que le changement climatique avait multiplié par quatre-vingts la probabilité de précipitations aussi intenses cette année-là. Les projections citées annoncent une hausse des pluies extrêmes de 10 à 30 % d'ici 2050 et redoutent des inondations majeures tous les deux à cinq ans dans la région, qui compte environ trois millions d'habitants riverains directs.
Source : Mongabay
